POURQUOI LE PIC-BOIS ?

Il est un lieu commun de dire que l’art éduque, transforme celui qui le « consomme ». L’art éveille ou enrichit non seulement chez l’humain sa sensibilité, mais il le pousse à remettre en question certaines idées reçues, certaines façons de penser. Il désamorce les préjugés, ouvre les yeux.

Des études, quant aux effets de l’éducation artistique chez les jeunes, viennent appuyer ces soi-disant bienfaits de l’art. En effet, en France, à la lumière des rapports de recherche de l’institut national de recherche pédagogique, l’apprentissage des arts et l’éveil à la culture artistique apparaît comme des « facteurs d’équilibre, d’épanouissement et de développement de la personnalité[1] ». Preuve que l’art peut avoir un rôle à jouer dans la construction de l’identité d’un individu.

Toujours dans le domaine de la pédagogie, le travail de création permettrait à l’élève de conjuguer affects et subjectivité d’un côté et pensée rationnelle de l’autre. Autrement dit, mobiliser, dans un effort commun, des facultés qu’on a souvent perçues comme irréconciliables.

Là où la pauvreté sévit, là où les conditions sociales sont peu propices à l’épanouissement de l’individu, il semble bien que l’art puisse encore prouver ses bienfaits. Il permet d’unir les gens et de les faire vibrer au même diapason dans l’élaboration d’un projet collectif, tel que le prouve la pratique de l’art qui relie[2]. Autre preuve que l’art, en tant que langage singulier, touche à quelque chose d’essentiel chez l’humain.    

Et la revue PIC-Bois dans tout ça ?

Le PIC-bois adhère à cette pensée que l’art est à la fois un « lieu » de brassage d’idées et de visions, que s’y intéresser, c’est à la fois prendre le pouls d’une culture et s’interroger sans cesse sur sa vitalité.

PIC : penser, imaginer, créer.    

En donnant une tribune à des étudiant.es et des professeur.es, qui partagent le même intérêt et la même curiosité pour le monde artistique, PIC-Bois cherche à faire découvrir des artistes, des productions et des enjeux culturels contemporains sous forme de coups de cœur, chroniques, articles, portraits, analyses. Et comme la création est souvent étroitement liée à cet intérêt, des nouvelles, des poèmes, des courts-métrages et autres opus viendront compléter les numéros de l’automne et de l’hiver.  

Né d’une initiative des professeur.es du département de Littérature et communication du Cégep de Drummondville, le PIC-Bois cherche aussi à promouvoir l’art dans le milieu scolaire et dans la communauté et à faire reculer dans un même mouvement les préjugés et idées reçues encore tenaces à l’égard des formations collégiales à vocation artistique.    

Dans les fragments de « La marche à l’amour[3] », Gaston Miron écrit ceci : « Ces temps difficiles malmènent nos consciences / et le monde file un mauvais coton, et moi / tel le bec du pivert sur l'écorce des arbres / […] mon cœur  s'acharne et, comme mitraillette, il martèle ».

Cette citation met en lumière la vivacité de nos convictions : par le biais de ses collaborateurs passionnés, PIC-Bois n’aura de cesse de « s’acharner et, comme mitraillette, marteler » sur le clou de l’art pour que ses vertus fassent leur chemin dans les esprits.

 

[1] RUPPIN, Virginie. « De l’art que l’on dit à l’art qui se fit. Étude menée dans des classes à projet artistique à l’école primaire.  », Revues des sciences de l’éducation, vol. 40, nº 3, 2014, p. 489-512, dans Érudit, http://erudit-drummondville.proxy.ccsr.qc.ca/revue/rse/2014/v40/n3/1029071ar.html (Page consultée le 21 octobre 2016)

[2] L’art qui relie est une pratique qui a vu le jour en France au début des années 1980 et qui se fonde sur les principes de déplacement des artistes, des lieux de création et des lieux de diffusion. Elle a pour objectif, en s’implantant dans des environnements sociaux très différents, de développer des projets artistiques communautaires. Ces projets de création peuvent plus concrètement déboucher sur des peintures murales, bas-reliefs, installations in situ, performances, événements.

[3] MIRON, Gaston. « Poème de séparation 2 », tiré de L’homme rapaillé, Montréal, Typo, 1998 [1970], p. 68.