De la culture mur à mur

De la culture mur à mur

Quelles villes bougent réellement? Quelles villes ont la prestigieuse réputation d’être des régions vivantes? Des villes où arts et spectacles côtoient harmonieusement joie de vivre et convivialité. Montréal? Québec? St-Élie-de-Caxton? Et si je vous disais Drummonville. Vous avez bien lu : Drummonville. En effet, nous sommes désormais beaucoup plus que la « pause pipi » entre Montréal et Québec. Nous devons ce grand dynamisme municipal principalement à une tradition vieille de plus de 35 ans : le Mondial des cultures. Laissez-moi vous guider à travers cet incontournable du paysage culturel drummondvillois, québécois et international qui se démarque année après année.

 

Premièrement, pour ceux qui auraient vécu sous une roche durant les 36 dernières années – ou à St-Bonenvature –, résumons brièvement cet événement. Établi en 1982, ce festival a lieu pendant neuf jours du mois de juillet et accueille plus d’une dizaine de pays différents sur le site du parc Woodyatt. Sa mission principale est de créer un rassemblement d’une panoplie de cultures différentes et de les faire rayonner. Malgré sa popularité, j’ai l’impression que l’on ne connait toujours pas totalement le Mondial des cultures.

 

Afin d’éclairer ma connaissance du sujet, je me suis infiltré au sein de l’organisation du festival en rencontrant un membre du conseil d’administration : la ravissante Paule Marchand qui m’a accueilli avec un large sourire et m’a expliqué son rôle. Celui-ci consiste à déterminer les grandes orientations de l’événement. Ce qui caractérise l’édition 2017 est un retour aux sources majeur de la part des organisateurs. En effet, face aux derniers insuccès des plus récentes éditions, le conseil d’administration tente de retrouver l’ADN du Mondial des cultures. Laissez-moi vous dire que ce changement rendra le festival encore plus trippant. En tête d’affiche, on peut voir Émile Bilodeau, La Chicane et bien sûr l’ensemble folklorique Mackinaw. On peut voir, dans cette programmation, un réel désir de faire connaitre la relève et la diversité. C’est là toute la beauté du Mondial des cultures.

Paule Marchand m’explique également la pertinence du Mondial des cultures dans la communauté drummondvilloise. Il est clair qu’il engrange d’énormes retombées économiques autant pour les restaurants, pour les hôtels que pour les commerces au détail. Selon une étude effectuée par CROP, le retour sur l’investissement serait de 16,7 millions de dollars. Drummondville est une ville en plein essor et ces répercussions financières sur les commerçants drummondvillois sont plus que favorables pour le développement de la ville. Mais ce n’est pas tout.

Cet événement contribue aussi à mettre Drummondville sur la carte. En effet, peu de gens savent cela, mais ce sont les différents pays qui contactent eux-mêmes le comité organisateur afin de pouvoir participer au Mondial. Quelles autres villes québécoises peuvent se vanter de recevoir des appels chaque hiver de la Belgique, de la France et du Japon les suppliant de pouvoir venir faire un tour au Roi Jucep et danser dans les rues l’été suivant?

Charles Émond, membre de Mackinaw depuis les 11 dernières années, est un autre intervenant du Mondial à qui j’ai posé quelques questions sur le déroulement de l’événement pour savoir comment ça se passe de l’intérieur. Inutile de vous dire qu’une multitude d’anecdotes ont été dites durant l’entretien. La troupe spectacle a le privilège de côtoyer les pays 24 heures sur 24. Après plus d’une décennie de Mondial, Charles a fait d’innombrables rencontres. Ce qu’il y a de plus surprenant, c’est qu’il garde encore contact avec la majorité des personnes avec qu’il a fait connaissance. Il me confie même que la professeure de danse de la troupe a rencontré, lors du Mondial, un charmant Hongrois qui est devenue, par la suite, son mari et le père de ses enfants. C’est une des particularités de l’événement : les chambres se situe à la Polyvalente Marie-Rivier et procure une très grande « proximité » entre les pays. Chaque soir, une grande fête se déroule sur la place publique et le pays hôte change de nuit en nuit. De la soirée hongroise jusqu’à la soirée japonaise en passant par la mexicaine, des souvenirs inoubliables se créent. Ces réunions quelques peu festives vous semblent peut-être anodines, mais cela a une grande importance dans la vie de ces jeunes. En effet, ce sont ces derniers qui forgeront le monde de demain et ces rencontres favorisent l’ouverture d’esprit et la tolérance. Elles les ouvrent sur le monde et, à l’ère d’étroitesse idéologique dans laquelle nous avons l’impression de vivre parfois, ce festival est plus que nécessaire pour favoriser un respect mutuel entre les nations.

Il est facile d’en arriver à la conclusion que le Mondial des cultures est un événement culturel unique et pertinent. On n’a qu’à considérer son impact financier, les souvenirs qu’ils créent ainsi que l’ouverture d’esprit qu’il favorise. Bref, n’hésitez-pas à aller faire un tour au parc Woodyatt du 7 au 15 juillet. Le pire qu’il puisse vous arrivez est que vos horizons s’élargissent et que vous soyez pris dans une délicieuse dégustation de baklavas pendant un spectacle de La Bronze. On connaît plus désagréable! 

Le mythe du village planétaire

Le mythe du village planétaire

Black Label

Black Label