Des lueurs, des clameurs, de l'espoir

Des lueurs, des clameurs, de l'espoir

S'il y a des mots qui tuent, il y a aussi des mots qui font vivre : l'espoir en est un. Et il y a des idées qui donnent le goût de vivre autrement. Comment trouver de l'espoir dans les tourments opaques de notre époque mal tournée ?

Bienvenue dans le vrai monde

Le développement tel que nous le connaissons est une locomotive qui rote le pétrole et qui pète le charbon. La croissance économique, quant à elle, est depuis longtemps nourrie au crédit et à la surconsommation conditionnée. Depuis la crise de 2008, elle a cependant bien du mal à reprendre. Les économistes ne savent plus comment réanimer ce moteur qui fait figure de dogme du passé. Maintenant que le pic pétrolier est franchi, rien n'annonce la reprise à long terme. La croissance économique a amorcé sa lente descente en vol plané.

Les énergies fossiles, qui servent de fondation à la civilisation occidentale et à son train de vie, ont un impact attesté par la science : la température globale de la planète a augmenté de 0.85°C depuis la révolution industrielle, et elle est le résultat de l'action humaine. La hausse des températures dérègle le climat, provoque la fonte des glaciers, décuple la force des ouragans, acidifie les océans, et fait se déplacer des milliers d'habitants qui fuient les côtes dévastées. Imaginons un instant dépasser le cap des 2°C : l'horizon n'est pas rose.

Et surtout pas vert : le dernier président américain élu est un puissant milliardaire mégalomaniaque, dont les propos menteurs racistes, sexistes et antiscientifiques portent la crasse ignorance des relations diplomatiques internationales, de l'histoire du monde et de la culture non-américaines. Plein gaz sur le consumérisme aliénant. Pendant que nous menons des vies parallèles dans un monde virtuel, l'incroyable flux de big data que nous fournissons aux réseaux sociaux, couplé aux services de géolocalisation, permet, à l'aide d'algorithmes très puissants, de prévoir les comportements que nous adopterons et même les rencontres que nous ferons. Le gaspillage et l'épuisement des ressources d'aujourd'hui laissent présager les pénuries de demain. L'homo oeconomicus idéalisé par John Stuart Mill n'est certainement pas l'être rationnel que l'on croyait. Les temps sont noirs. L'avenir est désespérant.

Les documentaires (comme la documentation en général) qui portent sur l'état actuel des choses vont rarement plus loin que la prise de conscience qu'ils veulent provoquer. Les films de fiction portent également un regard dystopique sur l'avenir qui ne laisse pas beaucoup de place à l'espoir. Existe-t-il autre chose que la tragédie ? Sommes-nous voués à notre propre disparition dans les ténèbres ?

Des actions personnelles poussées par la communauté

« Personne n’a envie d’être confronté à des choses terrifiantes. Pourtant nous devons les regarder en face, nous n’avons plus le choix. Alors, pour avoir la force de réagir, nous avons besoin de solutions accessibles, joyeuses… »    —   Cyril Dion et Mélanie Laurent, cinéastes

« Personne n’a envie d’être confronté à des choses terrifiantes. Pourtant nous devons les regarder en face, nous n’avons plus le choix. Alors, pour avoir la force de réagir, nous avons besoin de solutions accessibles, joyeuses… »

— Cyril Dion et Mélanie Laurent, cinéastes

Le documentaire «Demain» s'ouvre avec la rencontre de deux scientifiques qui ont participé, avec 20 autres chercheurs, en 2012, à une publication dans la revue Science intitulée Approaching a state shift in Earth’s biosphere. Dans cet article, ils concluent, preuves à l'appui, à la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100. Le constat est pessimiste, mais cruellement réaliste. C'est aussi le déclencheur qui a mis le réalisateur en action. 

En présence de la lumière, nos yeux développent une sensibilité nouvelle qui risque de nous faire voir le monde bien autrement. C'est le mandat que se donne le film «Demain» : faire découvrir quelques lueurs d'espoir qui apparaissent un peu partout dans le monde et qu'il vaudrait peut-être la peine de bien observer. Au moment où la survie de l’humanité est menacée par des crises sans précédent, l'équipe de jeunes cinéastes que Cyril Dion va mener avec Mélanie Laurent parcourt le monde à la recherche de solutions.

Ils découvrent des initiatives lumineuses dans une dizaine de pays dont la France, le Danemark, la Finlande, la Grande-Bretagne, la Suède et l'Islande. Ils rencontrent des gens dynamiques et enthousiastes qui se réapproprient à leur façon l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. Partout, dans de petits gestes concrets, dans des élans personnels qui deviennent communs, on s'affaire à réinventer le monde et à en prendre soin. Enfin, devant les grands défis qui nous font face, l'intelligence et la créativité humaines apparaissent comme des moteurs de changement positifs.

Ce long-métrage documentaire de 2h est sorti en France en décembre 2015, puis au Québec en mai 2016. Sa sortie en format DVD est toute récente, tout comme celle du livre qui l'accompagne. En ligne, on trouvera un cahier pédagogique et une foule d'actions de projets constructifs qui ont été élaborés par des dizaines et des dizaines de citoyens animés par l'espoir. 

 «Demain» est un documentaire qui fait du bien parce qu'il suscite l'émerveillement, il fait rire et il surprend. Surtout, l'espoir qu'il partage pourrait se transformer en action positive. On se surprend tout à coup à imaginer que cette action, multipliée par d'autres, pourrait participer à changer le monde...

Sobriété, justice et liberté

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