Ode à la vie

Ode à la vie

Qui suis-je? Ai-je réussi ma vie? Comment l’ai-je oublié?

En pleine crise existentielle, Jack, un architecte new-yorkais dans la cinquantaine, marié et père d’un enfant, se questionne quant au monde qui l’entoure à la suite de la mort de son petit frère, il y a de cela quelques années, âgé de 19 ans. Marqué par la relation difficile avec son père (qu’il essaie néanmoins de rétablir), Jack, plongeant dans ses souvenirs de jeunesse, redécouvre les merveilles de l’univers.

Passant par les phénomènes naturels de la création de la Terre, aux dinosaures, nous retrouvons Jack, enfant, dans le Texas des années 1950. Tout d’abord bambin unique, nous découvrons avec lui, presque de ses yeux d’enfant, les doux moments du monde dans lequel il grandit. Plus tard, après la naissance de ses deux jeunes frères, R.L. et Steve, la complicité règne entre les trois garçons : batailles amicales et aventures sont au rendez-vous. Cependant, entouré par la Grâce (représentée par une mère douce et attentionnée) et la Nature (représenté par un père autoritaire et sévère), Jack, enfant, vivra des bouleversements qui atteindront l’adolescence alors qu’il choisira de suivre, en vieillissant, la voie de la Nature.

« La Grâce accepte d’être oubliée, rejetée. Elle accepte les insultes et les coups. La Nature, elle, ne pense qu’à sa satisfaction. »[1]

Dans son film sorti en 2011, Terrence Malick, réalisateur, nous démontre une fois de plus son grand savoir-faire, avec ses images dont la composition saura en épater plus d’un, son montage contemplatif et sensoriel, ainsi qu’avec sa réalisation hors du commun.

Comme à son habitude, ce film de Malick traite, entre autres, de l’homme. Toutefois, plusieurs autres grands thèmes se greffent à celui-ci, articulant une sorte de critique sociale, notamment ceux de l’enfance, de la création et de l’évolution, du rapport de l’humain à la nature et de la spiritualité. Même si ces thématiques pourraient avoir l’air lourdaudes, la réalisation poétique de Malick les amène dans un tout autre univers, où « enfance, violence, nature et spiritualité » ne font qu’un et où la sensibilité est de mise.


D’ailleurs, bien que plusieurs notent une certaine ressemblance avec 2001 : L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, les plus fins cinéphiles seront reconnaitre les touches « tarkovskiennes » présentes pendant tout le long métrage. Du personnage principal quasi absent, à la trame narrative en voix off, Malick ne peut s’empêcher de faire quelques clins d’œil aux majestueux plans poétiques de Tarkovski.

Le Miroir  (1975)- Andréï Tarkovski

Le Miroir (1975)- Andréï Tarkovski

The Tree of life  (2011) - Terrence Malick

The Tree of life (2011) - Terrence Malick


 

 Bref, L’Arbre de la vie n’est pas qu’un simple long métrage comme tant d’autres, c’est un voyage. C’est un film qui va droit au cœur et à l’âme, et dont les mots ne sont pas assez forts pour décrire toute la puissance de l’œuvre. D’ailleurs, la scène finale, incroyablement indescriptible, résume bien toute la force et la sensibilité de L’arbre de la vie.  


[1] Traduction libre. The tree of life.

Le récit d'un Tangvald : une épopée moderne

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